Si l'on en croit certains, nous vivons dans un monde où nous n'avons plus prise sur les choses et les événements. Mais c'est faux. Chacune de nos actions n'est certes qu'une goutte dans l'océan, mais des ensembles de gouttes peuvent changer en profondeur le cours des événements.

On en voit chaque jour la preuve dans l'actualité. Prenez l'exemple de Star Wars Battlefront II et de ses micro-transactions : le jeu a été boudé par les joueurs et a provoqué un manque à gagner de 2 à 3 milliards pour EA. L'affaire a fait assez de bruit pour que le PDG de Disney téléphone à celui de EA pour lui faire part de son mécontentement (il est vrai qu'à quelques jours de la sortie du huitième épisode, Disney n'avait aucune envie qu'on associe sa franchise à un bad buzz). Les joueurs ont donc obtenu gain de cause au final : les micro-transactions ont été désactivées. Qui aurait pu croire un tel événement possible ? Que la voix de joueurs puisse faire vaciller un géant de l'industrie vidéoludique comme EA ?

J'ai pris cet exemple parce qu'il m'a marqué (le monde vidéoludique n'est pas connu pour ses révolutions, ni même pour ses révoltes), mais on pourrait en prendre de nombreux autres. Toute notre société est basée sur l'argent, c'est vrai. Mais c'est aussi une nouvelle positive, car elle nous rappelle que tout client a un pouvoir énorme : celui de ne pas consommer. Si les clients cessaient d'acheter Apple ou Nike jusqu'à ce que ces firmes payent leurs impôts rubis sur l'ongle, et ce sans savante optimisation fiscale (de l'évasion pure et simple, mais rendue possible par quelques Etats peu scrupuleux comme l'Irlande ou les Pays-Bas), il est certain que ces géants de l'industrie s'empresseraient de changer de stratégie et de faire amende honorable.

Quand les gens comprendront le pouvoir qui est le leur et s'en saisiront vraiment, au lieu de penser qu'ils sont noyés dans la masse et n'ont aucun pouvoir sur les événements, le monde commencera à tourner plus normalement...